Dans le domaine de la santé connectée, les levées de fonds sont d’actualité. Si elles ne sont pas toujours signe de succès commercial ou de rentabilité, les levées de fonds indiquent tout de même une volonté d’investir et d’innover dans un domaine.

La bonne nouvelle ? Les startups françaises sont très bien représentées sur le secteur de la santé connectée. Colnec Health, une plateforme collaborative de soin qui effectue un suivi en temps réel, et avec qui nous travaillons, est par exemple soutenue par la BPI et incubée au CERN.

Si elle est positive pour le paysage économique français, l’arrivée de l’IoT dans un secteur comme celui de la santé peut étonner : dans la lignée des forums santé comme Doctissimo qui ont tendance à favoriser les auto-diagnostics alarmants, est-il bien nécessaire d’en rajouter avec des bracelets et autres tensiomètres connectés ?

L’avis des professionnels de santé

Si un particulier n’a pas les connaissances nécessaires pour s’auto-soigner, les professionnels de santé semblent pourtant assez accueillants face aux objets de santé connectés, en témoigne le succès de Doctolib. Si la question du secret médical et des responsabilités engagées par les futurs objets et applications de santé posent encore question, 1 médecin sur 3 s’attend toutefois à ce que les objets connectés améliorent leurs relations avec les patients.

En effet, dans plusieurs cas, les objets de santé connectés peuvent soulager à la fois médecin et patient : Itech.Care a par exemple créé un thermomètre qui effectue un suivi en temps réel de plusieurs données pour vérifier l’efficacité d’un traitement. Plus besoin dans ce cadre de retourner chez le médecin tous les 3 jours pour vérifier que l’évolution des symptômes est normale : de quoi rassurer des parents poules ou des personnes âgées un peu trop inquiètes.

Pour le suivi de maladies chroniques, les objets de santé connectés pourront aussi s’avérer utiles : le malade pourra remplir son journal de bord et le médecin effectuera un suivi à distance. L’idée étant d’éviter les déplacements trop réguliers et parfois inutiles chez le médecin tout en assurant un meilleur suivi général.

Eviter les dérives

Toute avancée technologique s’accompagne d’une période d’appropriation des usages par le grand public… Et ceux-ci peuvent assez facilement dériver dans le cas de la santé connectée. On imagine déjà très bien les usages détournés d’un produit comme Yo qui analyse le nombre et la mobilité des spermatozoïdes des hommes pour s’assurer de leur fertilité.

Dans le domaine de la santé connectée, l’enjeu sera donc de concentrer la recherche et le développement sur des sujets vraiment utiles et d’éviter les gadgets. Pour une entreprise, certifier les produits en tant que dispositifs médicaux peut être un bon démarrage.

Les entreprises qui se développent dans le domaine ont une réelle responsabilité en termes de communication, d’ergonomie et d’UX (dans le cas des applications surtout) : l’idée est de décongestionner les hôpitaux et cabinets de médecin, pas de les surcharger. Pour cela, il semble nécessaire que les médecins s’approprient ces objets et participer à la recherche – avant toute transmission au grand public.