« Si tu n’as pas honte de la première version de ton produit, c’est que tu l’as lancé trop tard ».

Nous vous proposons la version française de la phrase culte de Reid Hoffman, le fondateur de Linkedin. S’il a souhaité résumer l’esprit startup avec ces propos, c’est aussi un adage qui s’applique parfaitement au recrutement de profils techniques ou web. Linkedin étant devenu un outil de recrutement incontournable, la boucle est bouclée.

Apprendre à apprendre

Dans un monde où les technologies évoluent très vite et où 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore, la capacité d’adaptation va devenir plus importante que le perfectionnisme. Les développeurs web doivent régulièrement apprendre de nouveaux langages, les spécialistes du référencement doivent s’adapter aux changement d’algorithmes de Google, les commerciaux doivent savoir conclure des accords à distance.

Cela change tout le paradigme du recrutement. Si les Responsables des Ressources Humaines s’appellent maintenant Talent Acquisition Managers dans les entreprises de la French Tech, c’est un peu pour se donner un style californien certes mais aussi parce que le métier évolue. Les recruteurs s’arrachent déjà les profils techniques rares comme un réalisateur s’arracherait une star Hollywoodienne, mais demain, ce sera pire : les recruteurs devront devenir de véritables agents et déceler des talents qui n’existent pas encore.

Plus tard c’est trop tard

Or, rechercher des perfectionnistes, des moutons à cinq pattes, c’est comme vouloir mettre un maximum de fonctionnalités dans une application : on finit par ne rien lancer et être en retard sur son marché. C’est pourquoi les entreprises innovantes s’intéressent aux profils atypiques, qui ont éventuellement changé de parcours, de profession plusieurs fois. Elles s’appuient sur des écoles comme Rocket School pour recruter sur soft skills et former les nouveaux arrivants à leur culture et et leur méthode.

Les PME sont dans le même cas. Pour grandir et concurrencer les plus grands, pas le choix : il faut innover. Se lancer, se planter, corriger le tir. Etre créatif, curieux, prendre des risques. Les profils qui insufflent ce type d’énergie deviennent clé pour ces entreprises en devenir. 

Etre perfectionniste deviendrait-il donc un véritable défaut ? Non, bien sûr. C’est une qualité nécessaire à certaines étapes projet ; surtout dans les métiers du développement logiciel ou de l’ingénierie produit. Dans ces métiers, l’étape de test est clé. Elle doit être menée avec rigueur et… Perfectionnisme.

Il faut simplement prendre conscience qu’il y a autant de cultures d’entreprises que de dirigeants et qu’il n’y a pas de profils parfaits. Candidats, soyez fiers de votre parcours ; entreprises, portez haut les couleurs de votre culture. Et utilisez le perfectionnisme à bon escient. Une entreprise libérée aura besoin de candidats atypiques et créatifs, une entreprise pyramidale aura besoin de personnalités carrées… Mais très peu rêvent encore d’entendre « perfectionniste » en réponse à la question « citez-moi l’un de vos défauts ».